Cinéma Reapaire artistique. A droite Fred Aubertin ; à gauche Sabine Niedzwiedz. 1"e Festival international d'art singulier.

Dernière semaine !

Dernière semaine pour vous en mettre plein les mirettes, plein la tête et plein le cœur ! Vous n’y êtes pas encore allé ? Alors boulèguez (bougez) comme on dit en Provence. Il ne vous reste que quelques jours pour profiter de ces trésors, concentrés d’imagination, d’émotion et de » beauté » singulière, qui vous attendent salle Monseigneur Fabre et au Cinéma Repaire Artistique, à Roquevaire. A Aubagne, vous retrouverez un échantillon de festival sur les murs du Borsalino, un restaurant du boulevard Jean-Jaurès (centre-ville, proche de la mairie).

Salle Monseigneur Fabre. Mère et enfant, d'Inès Lopez Sanchez Marthély. Festival art singulier 2015.
Salle Monseigneur Fabre. Mère et enfant, d’Inès Lopez Sanchez Marthély.
Salle Monseigneur Fabre. A droite jean-François Rieux ; à gauche, Bertrand Bolognesi. 1"e Festival art singulier 2015
Salle Monseigneur Fabre. A droite jean-François Rieux ; à gauche, Bertrand Bolognesi.
© Catherine Dupire. Salle Monseigneur Fabre. 13e Festival international d'art singulier
© Catherine Dupire. Salle Monseigneur Fabre.
Cinéma Repaire artistique. A droite Fred Aubertin ; à gauche Sabine Niedzwiedz. 1"e Festival international d'art singulier.
Cinéma Repaire artistique. A droite Fred Aubertin ; à gauche Sabine Niedzwiedz.
Cinéma Repaire Artistique. Dessins, sculptures et boîtes de Roger Ferrara. 13e Festival internationa d'art singulier.
Cinéma Repaire Artistique. Dessins, sculptures et boîtes de Roger Ferrara.
Cinéma Repaire Artistique. Boîte de Pierre Vallauri. 13e Festival international d'art singulier.
Cinéma Repaire Artistique. Boîte de Pierre Vallauri.
Cinéma Repaire Artistique. Sculpture de Rimondi (détail). 13e Festival international d'art singulier.
Cinéma Repaire Artistique. Sculpture de Rimondi (détail).
Le Borsalino à Aubagne. Au premier plan : peinture de Nicole Decory. 13e Festival international d'art singulier.
Le Borsalino à Aubagne. Au premier plan : peinture de Nicole Decory.

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Chant lyrique d'Inès Lopez Sanchez-Marthély pour ses créatures…

En avant toutes pour 3 semaines singulières !

Top départ, vendredi 16 octobre, à 18h… Quelques images du vernissage.

Sculptures Michel Wohlfahrt. Cinema Repaire Artistique. Roquevaire.
Le comité d’accueil dans l’entrée du Cinéma Repaire Artistique : sculptures de Michel Wohlfahrt.

 

Festival international d'art singulier en Pays d'Aubagne. Roquevaire. Salle du Cinéma Repaire Artistique.
Salle du Cinéma Repaire Artistique. De droite à gauche : Ferrara, Nicole Decory, Pedrao do Maranhao, Julie Dawid.
Festival international d'art singulier en Pays d'Aubagne 2015. Roquevaire. Salle Monseigneur Fabre.
Salle Monseigneur Fabre.
De droite à gauche : Jean-Paul Nicoli, président de la Cie d'art singulier en Méditerranée, Yves Mesnard, maire de Roquevaire, Sylvie et Corrine, du Cinéma Repaire Artistique, Michèle Guérin, commissaire artistique du 13e festival international d'art singulier en Pays d'Aubagne.
De droite à gauche : Jean-Paul Nicoli, président de la Cie d’art singulier en Méditerranée, Yves Mesnard, maire de Roquevaire, Sylvie et Corrine, du Cinéma Repaire Artistique, Michèle Guérin, commissaire artistique du 13e festival.
Présents et conquis ! 13e festival international d'art singulier en Pays d'Aubagne.
Présents et conquis !
Les artistes sur la scène. 13e festival international d'art singulier en Pays d'Aubagne.
Les artistes montent sur la scène.
En arrière-plan : œuvre d'André Robèr. 13e festival international d'art singulier en Pays d'Aubagne.
En arrière-plan : œuvre d’André Robèr.
Chant lyrique d'Inès Lopez Sanchez-Marthély pour ses créatures…
Chant lyrique d’Inès Lopez Sanchez-Marthély pour ses créatures…
Un dernier verre dans une singulière ambiance ! 13e Festival international d'art singuler en pays d'Aubagne. Roquevaire. 2015.
Un dernier verre dans une singulière ambiance ! Au premier plan : œuvres de Sophie Noël.

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Peinture d'Adam Nitdzgorsk, 2007.i

13e édition, c’est parti !

Depuis sa création, le festival d’art singulier en Pays d’Aubagne a accueilli de très nombreux artistes représentants de ce courant longtemps marginal qui a enfin trouvé sa place au sein de l’art contemporain dont il est à la fois un versant critique et un espoir de régénération.

Témoin du foisonnement de l’art brut et de sa filiation, et ainsi de l’originalité et de la formidable créativité de ceux qui s’en réclament – ou que l’on y rattache – ce festival est depuis plus de 20 ans un creuset où ces artistes et leurs créations hors les normes se confrontent et se montrent.

Né en 1990 à l’initiative de Danielle Jacqui et d’une poignée de passionnés, ce festival a été le premier à défendre cet art longtemps ignoré par les circuits officiels.

En 2014, après 12 éditions qui ont à chaque fois fait éclater sa vitalité et son succès, à l’occasion d’un changement de majorité municipale, le festival a été victime, de la part des nouveaux élus d’Aubagne la ville qui nous accueillait, d’une tentative de censure dans la programmation du 13e festival qui devait se tenir à l’été 2014.

La majorité des membres du bureau de la Cie d’Art singulier a décidé alors de ne pas céder aux pressions, et, non pas d’annuler le festival (trop d’artistes comptaient sur nous), mais de le reporter afin qu’il se déroule dans les conditions de liberté sans lesquelles, aucun art, qu’il soit singulier ou non, ne peut s’épanouir ou même exister sans renier sa raison d’être.

Ce moment est venu. La 13e édition du Festival international d’art singulier est lancée. Bien sûr, l’intégrité a un prix. Nous avons moins de moyens financiers, moins de soutiens, moins de moyens de communication et moins d’espace pour exposer tous ceux que nous souhaitions vous montrer et, pour certains, vous faire découvrir. Mais le cœur, la rage et l’enthousiasme sont toujours là.

En retrouvant Roquevaire, la ville où le Festival est né, nous effectuons un retour aux origines et… une Renaissance.

La sirène de Sophie Noël en couverture du catalogue du 13e Festival international d'art singulier en Pays d'Aubagne. Roquevaire 2015.
La sirène de Sophie Noël en couverture du catalogue du 13e Festival international d’art singulier en Pays d’Aubagne. Roquevaire 2015.

 

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Le Festival reporté pour cause de censure

Le 13e Festival international d’art singulier, programmé entre le 26 juillet et le 24 août 2014, n’aura pas lieu cet été à Aubagne. Les œuvres de deux artistes, Marie Morel et Demin, ayant été refusées pour « pornographie » par la nouvelle municipalité (UMP) entrée en fonction en avril, la Compagnie d’Art Singulier en Méditerranée, devant cet acte de censure inacceptable, a décidé de reporter le festival à une date ultérieure dans une autre commune, si possible du Pays d’Aubagne. Cette décision douloureuse a été prise lors d’une réunion exceptionnelle de la Cie. Sur les 10 présents, 7 voix furent pour le report et 3 pour le maintien (dont celle de la présidente Danielle Jacqui, démissionnaire depuis). Pour bien comprendre cette affaire et vous faire votre opinion, nous vous invitons à consulter la lettre envoyée à tous les artistes qui auraient dû participer à cette édition, la lettre ouverte adressée au maire d’Aubagne, ainsi que les sites et blogs des principaux protagonistes.

http://demin.pagesperso-orange.fr/m2.html
http://mariemorel.net/
http://www.organugamme.org/?paged=4
http://bayginot.over-blog.fr/

Les lettres expriment la position officielle de la Cie. Les deux premiers liens ouvrent les blogs des artistes censurés. Organugamme est le blog de Danielle Jacqui où vous pourrez lire ses arguments. Rodia Bayginot est une des commissaires artistiques du festival ; dans ce texte, elle exprime sa position, mais elle relate aussi celle de Michèle Guérin, autre commissaire artistique.

Les articles de presse (écrite et numérique), tant régionaux que nationaux, sont très nombreux ; à titre indicatif en voici deux de bords très différents :
http://www.marsactu.fr/culture/la-mairie-daubagne-interdit-des-artistes-pornographiques-35140.html
http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2014/06/20/03015-20140620ARTFIG00292-aubagne-un-festival-annule-a-cause-d-oeuvres-pornographiques.php

Sur internet, les réactions d’artistes, de particuliers et d’associations sont innombrables. A vous de les découvrir.

Serge Panarotto
Pour la Compagnie d’Art singulier en Méditerranée.

 

Lettre envoyée aux artistes

Roquevaire le 11 juin 2014

 Cher ami(e) artiste,
Devant l’attitude indigne et inacceptable de la nouvelle municipalité d’Aubagne issue du scrutin du 30 mars 2014 qui a décidé d’intervenir brutalement dans la programmation du 13ème Festival International d’Art Singulier d’Aubagne :
en censurant deux artistes
en envoyant du personnel de la mairie chez notre imprimeur visionner les photos des œuvres sélectionnées dans notre catalogue en préparation afin de vérifier les « œuvres acceptables et montrables »,
l’attribution de la subvention de la Commune d’Aubagne ainsi que la mise à disposition des lieux d’exposition étant subordonnés à l’assurance de la non-participation de ces artistes mis à l’index, mercredi dernier en réunion de la Compagnie d’Art Singulier en Méditerranée organisatrice du Festival, le Conseil d’Administration et les commissaires ont pris la décision à une très large majorité des présents de ne pas cautionner l’attitude de la mairie d’Aubagne, donc d’ajourner la tenue du Festival qui devait débuter le 26 juillet 2014, et de reporter cette manifestation soit à l’automne 2014, soit à l’été 2015 sur ou plusieurs communes du Territoire de la Communauté de Communes du Pays d’Aubagne et de l’Etoile.
Le Festival International d’Art Singulier est né il y a 25 ans à Roquevaire, fondé par Danielle Jacqui qui en a toujours assuré le commissariat et par la Compagnie d’Art Singulier en Méditerranée, organisatrice dont Danielle Jacqui est la présidente depuis 2013. Il continuera à vivre, soyez en certains !
L’équipe du Conseil d’Administration et les commissaires sont déjà au travail pour rebondir en toute indépendance et liberté.
Nous pensons que face à ces atteintes graves à la liberté d’expression et de création, vous comprendrez notre position. Nous refusons pour notre part de « courber le dos » et de remplacer les artistes exclus.

Nous vous remercions pour la confiance que vous nous avez accordée et espérons que vous la renouvellerez pour la future manifestation en préparation.
Parallèlement à ce courrier une lettre ouverte est adressée par notre association à la mairie d’Aubagne et à la presse.
Croyez bien que nous aurions préféré ne jamais avoir à vous envoyer ce courrier.

Bien cordialement,

La Compagnie d’Art Singulier en Méditerranée

——————————————————-

Lettre ouverte à Monsieur Gérard Gazay, maire d’Aubagne

Pour la première fois depuis 25 ans, le Festival International d’Art Singulier, premier et plus important événement national dans ce domaine, ne pourra se tenir,comme prévu cet été à Aubagne.
En effet, pour la première fois, une municipalité, la votre, entend contrôler le contenu de notre festival et nous a fait savoir son refus de voir exposées certaines œuvres.

Nous ne pouvons pas accepter ce que nous devons bien qualifier de censure et nous avons donc pris notre décision en conséquence.

Nous regrettons que le travail que notre association, et en particulier notre comité artistique a fait avec la plus grande rigueur, soit remis en cause.

Nous entendons cependant ne pas renoncer ; ce serait mal nous connaître et nous pouvons vous annoncer que le 13e Festival se tiendra, soit cet automne, soit au plus tard l’été prochain, dans une ou plusieurs communes de notre territoire qui nous font confiance.

Vive donc le 13e Festival d’Art Singulier en Pays d’(Aubagne) et de l’Étoile.

La Compagnie d’Art Singulier en Méditerranée.

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Les artistes du festival 2012

En 2012, 65 artistes ont exposé lors de la 12e édition du Festival international d’art singulier :

• Claudine ASPAR [fiche sur documentsdartistes.org]

• Anne-Sophie ATEK [blog]

• Rodia BAYGINOT [blog]

• Yves BECK

• Alain BECKER « exposition des molas »

• Catherine BERTIN

• Violaine BLANCHET « Viocéramique » [www.vioceramique.com]

• BOISTINE (Christine BOISSEAU) [blog]

• BOUILLAT

• Gérard CAMBON [site]

• Ginette CHABERT

• Patrick CHAPELIERE [fiche sur abcd-artbrut.net]

• Jean-Michel CHESNE [blog]

• Mario CHICHORRO [fiche sur art-en-marche.fr]

• Hanna CHROBOCZEC [fiche sur art-insolite.com]

• Sylvain CORENTIN [site]

• COVILLE [fiche sur art-cote.com]

• Claire DARMON

• Jeanne DISDERO [fiche sur art-insolite.com]

• Samuel FAVARICA [site]

• Roger FERRARA [blog]

• Claude FROMENTI

• Cat’s GARCIA

• Baptistin GARRO

• Jeanne GERARDIN [fiche sur galerie-sordini.com]

• Hervé GERMAIN [herve-germain.tumblr.com]

• Christian GLIZES [site]

• Paco GOMEZ [page sur sculpture.forumactif.com]

• Nathaly HERTWIG-GILLET [fiche sur hang-art.fr]

• Danhy JACOBS [fiche sur artmajeur.com]

• Danielle JACQUI [www.organugamme.org]

• Marie JEANNIN [le.blog.de.marie.free.fr] [fiche sur art-insolite.com]

• Kati TOUTANPAPIER [www.l-atelier-de-kati.com]

• Natasha KRENBOL [site]

• Ciska LALLIER [fiche sur musee-creationfranche.com]

• Maryvonne LAMBERT

• Gérard LATTIER

• LEDDA

• Yannick LEIDER [fiche sur artistes-cotes.com]

• Hugues LEROY

• LOREN

• Marie-Rose LORTET

• Dorte MAJGAARD [facebook.com/dorte.majgaard]

• Gilles MATTEI

• Patrick MICHEL

• MIELE

• NICO

• Sabine NIEDZWIEDZ

• Philippe NOVELLA

• François OZENDA [fiche sur Wikipedia]

• Janot PESSET

• Dumitru POP TINCU (Roumanie)

• Evelyne POSTIC [fiche sur galeriecorcia.com] [fiche sur hang-art.fr]

• Raymond REYNAUD [site]

• Yvonne ROBERT

• Sylvie ROMETTE

• Jean ROSSET

• Celestina SALEMI

• Tracey SHOUGH [fiche sur sudcreatifs.marsnet.org]

• TIDRU [www.tidru.com]

• Catherine URSIN [ursin.uniterre.com]

• Nancy VAN-REETH [www.nancy-vanreeth.net]

• Robert VASSALO

• VLADIMIR

• Jean VODAINE [fiche sur lagalerie.lu]

• Aurélie WILLIAM LEVAUX /MOOLINEX [aureliewilliamlevaux.be]

Artistes de l’ exposition « Chacune, chacun sa diva ».

Rodia Bayginot, Maryvonne Lambert,  Bahia Lucie Tasson , Claire Le Chevalier, Violaine Blanchet, Christian Glize, Lajameux, Olga Para, Rodia Bayginot, Suzie Birstein, Martine D’Olivo, Emmanuelle Not, Celeste Salemi, Dan Casado, Felix Radola, Anne Sophie Atek, Sylvie Romette, Loren,  Hugues Leroy,  Durdica, Nathaly Herwig Gillet, Tracey Shough, Michel Smolec, Pierre Magna, Jean Michel Chesné, Michel Smolec, Isabelle Simon, Pierre Hornung, Madeleine Ossikian,  Dona Balma, Marie France Bringues, Caroline Sury, Rosaria Cannonito, Jean François Rieu, Claudine Aspar, Rémi Gaillard,  Paul Huet, Veronique Dominici, Aconcha, Claire Darmon, Kim kimberley, Gilles Mattei, Huguette Machado Rico, Nicole Bayle, Julia Sisi, Sylvie Durbec, Apignat, Jeanne Faravel, Eliane Ducroc Nicole Decory  Marie Jeannin, Colette Delagree, Bertrand Bolognesi, Maryvonne Boudier, Catherine Dupire, Hugh Pietri, Bonaria Manca, Tsilla Slakmon, Renouf, Chris Besser.

http://www.art-insolite.comm/pageinsolites/insomariejeannin.htm

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Voyage au pays de la mort naïve

Du 6 au 12 juin 2012, Serge Panarotto, accompagné d’Anita Singharaj-Panarotto, s’est rendu à Sapenta, en Roumanie, pour aller à la rencontre des trésors d’art naïf que recèle le cimetière de ce village de 3500 âmes. Il en ramène une exposition photo à découvrir Espace Bras d’Or et un récit, à lire ici (en partie).

On aborde le village par un portique qui enjambe la route et annonce la couleur : bleu, un bleu intense ; sur les montants, les premiers personnages intaillés dans le bois et peint de joyeuses couleurs nous accueillent. Le cimetière est au cœur du bourg. Les tombes se pressent, en lignes serrées, autour de l’église qui, en ce moment, apparaît toute hérissée d’échafaudages en bois car elle est en cours d’agrandissement. Un mur d’enceinte en pierres noires, éclairé de quelques motifs en pierres blanches, contient avec peine l’exubérance de cette multitude de tombes – il y en a environ 800 ! –  si insolites par la gaîté qui en émane : un champ de mort transformé en chant de vie !

Chaque stèle en chêne, haute et étroite, peinte en bleu, vif pour certaines, atténué par le temps pour d’autres, est surmontée d’une croix coiffée, différente à chaque fois. Elles sont ornées de motifs floraux ou abstraits de couleurs vives, ciselés dans le bois. Sur la face avant, et quelques fois au dos, un motif sculpté en faible relief, au dessin naïf, vivement coloré, évoque par un portrait ou une scénette, un trait de caractère, une passion, le métier, un moment saillant de la vie du défunt ou les circonstances paisibles ou tragiques de sa mort. Ce propos graphique est complété ou précisé par une épitaphe en vers, gravée en des mots simples, poétiques, imagés, pleins d’humour et quelquefois d’ironie.

Ces croix ont été créées par un artisan local, Ion Stan Patras, homme du commun au talent et au caractère hors du commun, aux dires de ceux qui l’ont connu. Artisan et poète, il fut tailleur d’image et inventeur de ces savoureuses épitaphes biographiques. Ses premières œuvres datent de 1935. S’appuyant sur une tradition régionale du travail du bois, intégrant des motifs décoratifs traditionnels, il a développé son propre style en les dépassant, en innovant et fondant sa propre tradition. Il a surtout inventé un rapport particulier à la mort que l’on ne retrouve nulle part ailleurs. Le plus étonnant, c’est qu’il ait été suivi par tout le village… et que cela continue après lui. Ion Stan Patras est mort en 1977. Il est enterré dans son cimetière sous une de ses croix. Il avait formé quelques élèves et l’un d’entre eux, Dimitriu Pop, continue aujourd’hui à sculpter les croix bleues et à portraiturer par l’image et par des mots les habitants de la bourgade qui font le grand saut vers l’inconnu, si bien que le cimetière « joyeux » croît toujours…

Serge Panarotto au cimetière de SapantaHerbes folles, arbustes envahissants, fleurs sauvages, fleurs cultivées ou artificielles, ajoutent à la beauté du lieu. Chaque tombe suscite une émotion douce ou forte, une curiosité, un intérêt humain ou esthétique ; de chacune émane une musique particulière et de l’ensemble naît un puissant opéra populaire.

Ce carré d’éternité, si intensément présent, est sans conteste un des plus importants environnements d’art populaire au monde. Ce matin, je ne suis pas un spectateur, je ne regarde pas des œuvres d’art naïves, je me promène physiquement à l’intérieur.  C’est une expérience à vivre en s’abandonnant à la grâce. Après avoir papillonné d’une tombe à l’autre, m’être laissé guidé par l’émotion, je dois me reprendre, je suis là pour voir, mais aussi pour donner à voir ; j’ai une mission à accomplir, un reportage à réaliser.

(…)

Retour à la pension. Hier, nous avons acheté les deux livres consacrés au cimetière joyeux. Sur l’un, j’ai remarqué la photo d’un calvaire que je n’avais pas vu dans le cimetière autour de l’église. La légende évoque un vieux cimetière. Je profite du petit-déjeuner pour interroger notre hôtesse. Oui, il y a bien un autre cimetière, plus ancien, à environ 1 km du village ; c’est là que nous devrions trouver les premières stèles créées par Ion Stan Patras et ce remarquable calvaire.

(…)

Passé les dernières maisons, un chemin caillouteux nous mène, à travers des près légèrement vallonnés, jusqu’à une grille rouillée. Au-dessus, nous apercevons le haut du grand calvaire. C’est à mon sens une des œuvres majeures d’Ion Stan Patras. La croix, coiffée comme les stèles, s’élève à environ 3 m. Sous un Christ jaune, pathétique, une scène représente la pesée des âmes : un dieu débonnaire brandissant un gourdin préside au jugement ; un ange blanc et un diable noir se disputent les âmes autour d’une balance qui penche du côté du démon. En-dessous, Adam et Ève, l’arbre et le serpent de la tentation vous regardent de front. Au pied, une mort ricanante brandit une faucille. Ces scénettes sont plus cocasses qu’effrayantes, mais de l’ensemble émane une majesté attendrissante.

Les tombes, dispersées, à l’aise dans l’espace, surgissent d’une nature printanière toute ébouriffée, faite d’herbes hautes et drues, de fleurs sauvages – campanules bleues, marguerites, fleurs de coucou roses, arnica jaunes, silènes blanches… –, de buissons et de quelques arbres. Les stèles bleues naïves se mêlent aux croix de fer, aux tombes de marbre ou de pierre et aux tertres simplement parés de quelques fleurs en papier ou en plastique. En folâtrant par-ci, par-là, je fais une découverte intéressante : une stèle en pierre brute gravée de personnages dont la facture est la même que celle des stèles en bois ; l’artiste s’est donc essayé à la gravure sur pierre… En bordure de la clôture, quelques tombes attirent également mon attention : elles semblent très vieilles, la couleur a disparu et le dessin ne subsiste que par l’intaille du bois, les personnages sont assez grossièrement taillés et l’épitaphe courte ; serait-ce les premières créations d’Ion Stan Patras ?

Les stèles bleues représentent environ un tiers des tombes. L’imagerie qu’elles portent est presque exclusivement traditionnelle : bergers, faucheurs, laboureurs, maquignons, fileuses, tisseuses, cuisinières… la vie paysanne. Certaines semblent très anciennes mais d’autres assez récentes ; d’autres encore paraissent restaurées ou repeintes. Quelques-unes sont doubles : dans un même enclos sont réunies deux stèles, mari et femmes côte à côte. L’impression d’abandon qui prévalait au début s’avère fausse. La plupart des tombes sont fleuries et entretenues. Ici, la mort n’est pas enrégimentée, elle est buissonnière.

Serge Panarotto

 Téléchargez le récit complet du reportage : Sapanta 2012 récit

 

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Une 12e édition festive, glorieuse et inventive

Le concept festival international d’art singulier a vu le jour chez nous en 1989.
Sous la houlette inventive de Danielle Jacqui, et le soutien coopératif de Raymond Reynaud et Jean-Claude Caire, appuyé par la ville de Roquevaire puis des diverses instances culturelles de la région et du département, il perdure depuis, à présent adopté par la ville d’Aubagne.

Reprise, corrigée et parfois trahie, la notion même de la chose a fait école depuis et s’est multipliée au travers de la France en maints lieux et cités.

Le festival 2012,  12ème de la série, sera très festif, glorieux et inventif tout particulièrement, puisque nous envisagerons une exposition au Centre d’art contemporain de la Chapelle des Pénitents Noirs sur 250 m² : Raymond Moralès, Raymond Reynaud, Danielle Jacqui.

A l’Espace Bras d’Or de 700 m², le festival sera parrainé par Dr Jean-Claude Caire qui pour l’occasion organisera un espace particulier pour l’artiste culte François Ozenda.
Les participations d’artistes connus, reconnus et honorés internationalement nous sont déjà acquises : Mario Chichorro, Jean Vodaine, Jano Pesset, Jacky Coville, Jeanne Gérardin, Gérard Lattier ou Marie-Rose Lortet, Pierre Ledda, Yvonne Robert…
Impossible de citer tout le monde.

L’exposition « chacune, chacun sa diva », préfigurée à Roquevaire en février dernier sera reconduite.

Une représentation d’artistes singuliers connus ou non, mais dont le travail est remarquable sera à découvrir.

Enfin Alain Becker sera par le biais d’une présentation de ses molas d’art Amérindien, l’animateur de notre présentation « collection » cette année.
Le programme ne s’arrête pas là, puisque nous envisageons en surprise un reportage original sur un site « outsider art » étranger très particulier.
L’édition 2012 est par conséquent l’évènement en préfiguration de Marseille  Capitale Européenne de la Culture à ne pas manquer du 28 juillet, jour de vernissage, jusqu’au 26 août 2012.

Pour la Compagnie d’Art Singulier en Méditerranée
le commissaire d’exposition,
Danielle Jacqui
avril 2012

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