Un festival hors norme

Depuis plus de deux décennies le Festival International d’Art Singulier donne rendez-vous à Aubagne tous les deux ans à une cinquantaine d’artistes « hors norme » venus d’ici et de bien des ailleurs par des chemins de traverses fleurant bon la liberté.

Double ex voto de Gérard LattierA l’horizon proche de 2013 Marseille Capitale européenne de la Culture, cette douzième édition s’inscrit dans la dynamique de la préparation d’une année où l’action déterminée de la communauté d’Agglomération du pays d’Aubagne et de l’Etoile en faveur de l’accès du plus grand nombre à la culture rejoint les valeurs portées par le Festival International d’Art Singulier depuis sa création : allier la qualité artistique à l’adhésion populaire, même si on ne ressort jamais indemne d’une rencontre avec ces oeuvres singulières…

Rendez-vous donc du 28 juillet au 26 août pour vous laisser surprendre !

• Voir le reportage réalisé à l’occasion du vernissage du Festival, samedi 28 juillet :

> Lire l’édito de Danielle Jacqui « Une 12e édition festive, glorieuse et inventive »
> Voir la liste des artistes
> Voir les photos du vernissage sur aubagne.fr

2 lieux d’exposition :
L’Espace Bras d’Or
Le Centre d’art des Pénitents Noirs

 

Les artistes invités au Centre d’art des Pénitents Noirs

Danielle Jacqui et Laurent Danchin au milieu des pièces du colossal••• Danielle JACQUI
Danielle Jacqui est l’âme du Festival international d’art singulier. Artiste reconnue internationalement, prolixe dans tous les domaines, celui de la peinture, de la sculpture, touchant à son environnement immédiat (on ne présente plus la maison de « celle qui peint » à Pont de l’Etoile), celui de la céramique qu’elle explore depuis cinq années à travers la construction d’un projet d’envergure, le Colossal d’art brut. Au fondement de cette oeuvre (« in progress »), un concept issu de sa féconde imagination, ORGANuGAMME, est à l’oeuvre.

••• Raymond REYNAUD
« Raymond Reynaud est un peintre socratique, ses peintures sont faites pour la voie publique, elles interpellent directement le passant, elles incitent au dialogue, elles initient à l’art de peindre, mais aussi à l’art de voir, et à l’art d’échanger. Ses peintures sont trop éprises de liberté pour se laisser clouer sur une paroi de musée et se laisser commenter sans répliquer par le premier venu… » (Michel Thévoz)

 

 

Les artistes exposés Espace Bras d’Or

Des fondamentaux…

••• Jano PESSET
Jano Pesset est né en 1936 à Saintes. « Tous les étés, j’allais garder les vaches et m’amusais à décorer mes bâtons avec mon opinel. J’ai passé de merveilleuses années dans la nature. (…) A la rétrospective de Picasso, il y avait une série de petits personnages exécutés avec un couteau… comme quand je gardais les vaches ! C’est là que j’ai commencé à créer avec des bois pauvres, vermoulus comme le lierre, le noisetier, les racines… »

••• François OZENDA
Né à Marseille, François Ozenda a une enfance chaotique. Il poursuit de brèves études à l’Ecole des Beaux-arts, passe quelques jours au monastère… Il a mené toute sa vie une existence vagabonde, au jour le jour, au hasard des rencontres. Il s’installe à Vence dans les années 50 et y reste environ vingt ans. Il habite quelques temps chez Alphonse Chave puis deux ans dans l’atelier de lithographie de Pierre Chave. Il réalise de grands dessins à l’encre, où l’écriture se mêle à la figure, et pratique aussi le collage.

••• Jean VODAINE
Jean Vodaine est un artiste aux mille talents, poète, peintre, traducteur, imprimeur, graveur. Il entreprend une correspondance avec Gaston Chaissac et Jean Dubuffet, puis lance avec Edmond Dune le Courrier de Poésie. Secrétaire de Bruno Durocher des Editions Caractères à Paris, il rencontre de nombreux poètes. En 1969, il présente une exposition rétrospective de son travail graphique, Drôles d’Oiseaux.

… et des découvertes

••• ATEK
Décor fouillé et luxuriant, univers fantasmagoriques empreints d’images farfelues ou la nature humaine est tourmentée et tourbillonnante, horrible et sensuelle : « Je veux l’art poétique, dérangeant, vibrant et lyrique comme une évasion, une alternative au réel ».

••• Boistine
« J’aime jouer. Jouer avec mes émotions comme avec tout ce qui me tombe sous la main. Rien n’est perdu, on peut toujours reconstruire. Cette idée me plait. Glaner des objets mis au rebut, ramasser des bouts de bois, des vieux clous, récupérer des épluchures, assembler, réassembler, agrémenter le tout d’un coup de peinture et hop une nouvelle vie commence. Quand je démarre un travail je n’ai pas forcément d’idée préconçue ; j’essaye d’apprivoiser le hasard et de trouver des combinaisons heureuses avec ce que je ressens. »

••• Gérard Cambon
Sculpteur à l’univers singulier, créant un monde de « locomobiles », de cités de bric et de broc au coeur desquelles vit une foule de petits êtres qui semblent observer ces mondes imaginaires : « Rêver, c’est créer des images. Ce n’est pas refuser en bloc le monde dans lequel nous vivons – il faut bien faire avec- c’est plutôt, par petites touches, esquisser les contours d’une humanité. »

••• Sylvain Corentin
Inspiré par les architectures imaginaires et les cabanes, Corentin construit ses « anarchitectures » évoquant les habitats des premiers âges, à moins que ce ne soient ceux d’un futur rêvé. Ces habitats sont accompagnés de territoires cartographiés qui montrent des lieux remplis d’histoires, de cicatrices dans une mémoire commune à l’homme, comme marqueurs du temps et d’expériences de notre planète. Entre passé et futur, entre archéologie et utopie Une envie de prendre de la hauteur sur notre monde afin de le voir tel qu’il est dans son ensemble.

••• Hanna Chroboczek
Dessins, peintures, techniques mixtes, papiers collés, dentelles, sculptures de bois, métal, papier mâché, photographies, bijoux… d’une très grande finesse et d’une forte expressivité… Le fil conducteur du travail d’Hanna Chroboczek est la représentation de personnages, féminins pour la plupart, d’une très grande douceur, dans des scènes de la vie courante.

••• Danhy Jacobs
« Je suis Singulière du fait que je fais tout d’instinct, que je ne suis pas cérébrale, que les choses me sortent des mains. Elles sortent de moi. Mais contemporaine au sens où j’ai, par ma vision des choses, mon mot à dire dans ce qui se passe aujourd’hui. Je veux essayer d’imposer la matière, au travers de la corde, du chanvre. »

••• Loren
« Loren est un personnage, qui parle, impliqué, mais aussi résolu par son rituel tendre, pour parler de son barbare merveilleux du monde. Aussi il porte une attention particulière à ceux qui se nourrissent du malfonctionnement du monde, pour mieux en parler. Il observe ce qui est utile. Sommes-nous prêt à voir : « les états d’âme profonds, les injustices répétées ». Loren est un chanteur à textes, avec ses pinceaux, ses bons verbes et ses pigments ; il se bagarre avec ses verres, sa peinture, sa littérature, son écriture, ses colères et son amour de la fraternité, pour notre petit monde à nous, dont chacun sommes des acteurs. »
Crespin (extraits de « mon ami Loren »).

••• Nico
Inclassable, angoissé, Nico s’exprime avec force et détermination à travers une peinture obsédante et exutoire, répétitive et explosive…

••• Catherine Ursin
Catherine Ursin sculpte, assemble et compose ses oeuvres au moyen de matériaux bruts, tôle, bois, ardoise, vieux bidons d’huile, boîtes de conserve, toitures en zinc, capots de voiture auxquels elle mêle des médiums insolites, ossements, arrêtes d’animaux… « La matière porte en elle les traces de son passé. Ce sont ces marques, ses petits défauts qui m’inspirent et que je cherche à mettre en avant. »